Paloma Willemin
Orthopédiste-orthésiste podologue, installée au cabinet paramédical des Galeries de la Chartreuse, à Barberaz, aux portes de Chambéry.
Mon métier consiste à comprendre comment votre corps s'organise autour de ses appuis, puis à concevoir sur mesure ce qui va l'aider : semelles orthopédiques, orthèses de main ou de cheville. Mais l'appareillage n'est jamais un but en soi, seulement un moyen. Ce qui m'intéresse d'abord, c'est de trouver pourquoi la douleur est apparue.
Un diplôme, et surtout un terrain
Je suis diplômée en 2017 de l'école ESOOP-ECOTEV, à Bron, près de Lyon, en orthopédie-orthèse et podologie.
Une formation en appareillage vous apprend la technique : lire un pied, prendre une empreinte, concevoir une orthèse, choisir un matériau. C'est indispensable. Mais elle ne vous apprend pas encore à écouter quelqu'un décrire une douleur qu'il ne sait pas nommer. Ça, c'est le terrain qui me l'a appris, et j'ai eu la chance de le faire dans deux environnements très différents.
La pharmacie et le matériel médical : mon vrai apprentissage
Avant de m'installer, j'ai travaillé en pharmacie puis en magasin de matériel médical. Ces années m'ont énormément appris, et pas seulement sur les produits.
En pharmacie, on voit passer beaucoup de monde et beaucoup de situations. On apprend à repérer ce qui relève du conseil et ce qui doit être orienté vers un médecin. En matériel médical, j'ai découvert toute la diversité de l'appareillage et des besoins réels : la personne âgée qui veut simplement remarcher sans peur de tomber, le sportif qui refuse d'arrêter, le parent inquiet pour les pieds de son enfant.
C'est là que j'ai compris ce qui me plaisait vraiment : prendre le temps de comprendre chaque situation avant de proposer quoi que ce soit.
Pourquoi je me suis installée à mon compte
Au fil de ces expériences, une chose est devenue claire : le salariat ne me convenait pas. Non pas par goût de l'indépendance pour elle-même, mais parce que je me sentais freinée dans ma progression, dans ma façon d'apprendre, et surtout dans le temps que je pouvais accorder à chaque personne.
Je voulais pouvoir décider moi-même du temps nécessaire pour un bilan. Pouvoir me former à ce qui m'intéresse. Pouvoir dire à quelqu'un « asseyez-vous, racontez-moi » sans regarder l'heure. C'est cette envie-là qui m'a décidée à franchir le pas.
En 2022, je me suis lancée et j'ai repris mon premier cabinet, à Saint-Alban-Leysse.
Barberaz : travailler seule, mais pas isolée
Ce premier cabinet m'a beaucoup appris. Il m'a aussi appris quelque chose que je n'avais pas anticipé : exercer seule, c'est exigeant. Il me manquait des collègues, des gens à qui poser une question entre deux rendez-vous, avec qui recouper un avis sur une situation complexe, et avec qui simplement partager une journée de travail.
C'est ce qui m'a menée au cabinet paramédical des Galeries de la Chartreuse, à Barberaz, où j'exerce aujourd'hui aux côtés de deux kinésithérapeutes et d'une orthophoniste. Nous travaillons en confiance, et cette complémentarité change concrètement la prise en charge : quand une situation dépasse mon champ, la bonne personne est dans la pièce d'à côté.
Ce à quoi vous pouvez vous attendre
- Chercher la cause, pas seulement le symptôme. Une douleur au genou ou au dos trouve souvent son origine dans l'appui. Je remonte la chaîne plutôt que de traiter là où ça fait mal.
- Vous expliquer ce que je fais. Quand vous repartez, vous en savez plus sur votre corps qu'en arrivant. C'est pour moi une part entière du travail.
- Prendre le temps. C'est précisément la raison pour laquelle je me suis installée à mon compte.
- Travailler en réseau. Avec votre médecin, votre kinésithérapeute, votre podologue et mes collègues du cabinet.
- Assurer un suivi. Une semelle se contrôle, s'ajuste et se réévalue dans le temps. Je ne vous laisse pas repartir sans savoir quand on se revoit.
