Qu'est-ce qu'une périostite tibiale ?
La périostite tibiale (« shin splints » en anglais) est une inflammation du périoste, la fine enveloppe qui recouvre l'os, le plus souvent sur le bord interne du tibia. C'est là que s'insèrent des muscles de la jambe très sollicités à la course : quand ils tirent de façon répétée et excessive sur l'os, la zone s'irrite et devient douloureuse.
C'est un grand classique du coureur, surtout en reprise ou en début de saison, ou après une augmentation trop rapide de l'entraînement.
Pourquoi le tibia s'enflamme-t-il ?
- Une sur-utilisation : augmentation trop rapide du volume ou de l'intensité, absence de progressivité.
- Des surfaces dures (bitume) et des chaussures usées ou inadaptées.
- Un excès de pronation ou un mauvais appui : le pied qui s'affaisse trop tire davantage sur les muscles qui s'insèrent sur le tibia.
- Des mollets raides, une foulée trop attaquée par l'avant ou l'arrière.
Souvent un problème d'appui déguisé en problème de tibia
La douleur est sur le tibia, mais la cause est très souvent plus bas : la façon dont votre pied se pose. Un excès de pronation augmente la traction des muscles sur l'os à chaque foulée. C'est pourquoi, plutôt que de me limiter à calmer la zone douloureuse, j'analyse votre appui et votre foulée pour supprimer ce qui agresse le tibia. Le corps est un tout.
Quels sont les symptômes, et quand consulter ?
- Une douleur diffuse le long du bord interne du tibia, à l'effort.
- Une zone sensible à la palpation, sur plusieurs centimètres.
- Une gêne qui revient à chaque reprise de course.
Consultez si la douleur persiste ou s'intensifie. Attention : une douleur très localisée « en pointe » sur l'os, qui s'aggrave, peut évoquer une fracture de fatigue et nécessite un avis médical.
Mon approche au cabinet
À mon cabinet de Barberaz, près de Chambéry, j'analyse votre marche et votre course pour identifier ce qui surcharge le tibia, puis on réduit ces contraintes :
- Des semelles sur mesure qui corrigent l'excès de pronation et amortissent les chocs.
- Des conseils de chaussage et de gestion de la charge (volume, surfaces).
- Un repos relatif et une reprise progressive, en lien avec le kiné si besoin.
En corrigeant l'appui et en gérant la progressivité, on vient à bout de la plupart des périostites et on évite qu'elles ne reviennent à chaque saison.
Vous vous reconnaissez dans ces symptômes ? Un bilan complet (analyse de la posture, des appuis et de la marche) permet d'identifier l'origine du problème et de proposer une solution adaptée.
Prendre rendez-vousMes conseils au quotidien
- Augmentez votre charge d'entraînement progressivement (règle des 10 % par semaine).
- Privilégiez des surfaces plus souples et un bon chaussage.
- Renforcez et étirez les mollets.
- Glacez le bord du tibia après l'effort en phase douloureuse.
Questions fréquentes
Périostite ou fracture de fatigue, comment les distinguer ?
La périostite donne une douleur diffuse sur plusieurs centimètres du tibia ; la fracture de fatigue est très localisée « en pointe » et s'aggrave. Au moindre doute, un avis médical (et parfois une imagerie) s'impose.
Dois-je arrêter totalement de courir ?
Un repos relatif est souvent nécessaire, mais rarement un arrêt total. On réduit et on adapte le temps de corriger l'appui, puis on reprend progressivement.
Les semelles évitent-elles les récidives ?
Oui, quand l'excès de pronation est en cause : en corrigeant l'appui, elles suppriment la traction excessive sur le tibia, ce qui limite nettement les récidives d'une saison à l'autre.
Paloma Willemin, orthopédiste-orthésiste, podologue et posturologue à Barberaz (Chambéry).
